Sailing onboard maxi trimaran MACIF with skipper Francois Gabart, during training off Port la Foret, South Brittany, on October 8th, 2017 - Photo Vincent Curutchet / ALeA

Le nouveau défi de François Gabart à bord du Trimaran MACIF en 10 questions

 Faire le tour du monde en solitaire, François Gabart l’a déjà fait, en vainqueur. C’était à bord de son monocoque IMOCA aux couleurs de la Macif, lors du Vendée Globe 2012-2013. L’ambassadeur des Athlètes du Bien-Être s’élance cette fois-ci autour du monde à bord du trimaran MACIF en mode record. Et, ça, ça change beaucoup de choses !

 

1. De quel record du tour du monde en solitaire parle-t-on ?

Il s’agit du plus prestigieux de tous les records créés par la course au large, parce que le plus difficile. Il se court en solitaire et sans escale. Son parcours est défini ainsi : départ et arrivée à la ligne virtuelle entre le phare du Créac’h, sur l’île bretonne de Ouessant, et le phare du Cap Lizard, en Angleterre. L’objectif est de parcourir tous les méridiens du Globe. Pour cela, il faut descendre vers les mers du sud et laisser dans son nord les caps de Bonne-Espérance (Afrique du sud), Leeuwin (Australie) et Horn (Chili). Les vents et des courants dominants font que les recordmen vont d’Ouest en Est, le sens le plus rapide.

Sa distance théorique est de 21 600 milles (34 761 km). La route réelle est en revanche bien plus longue, les skippers cherchant la plus rapide, pas la plus courte.

Ils ne sont que trois à avoir amélioré le record autour du tour du monde en solitaire auquel s’attaque le Charentais : Francis Joyon (Idec), Dame Ellen MacArthur (B&Q/Castorama) et Thomas Coville (Sodebo).

François Gabart va tenter de battre le record détenu depuis le 25 décembre 2016 par Thomas Coville en 49 jours, 3 heures, 4 minutes et 28 secondes.

2 – Quelle est la différence entre une course et un record ?

Partir à la chasse au record, c’est choisir le moment de son départ en fonction des conditions météo et se battre contre un chronomètre préalablement établi – à moins d’avoir choisi d’ouvrir une voie.
Une course, elle, impose une date de départ certaine, que les conditions soient favorables ou non, et le match se fait entre concurrents. Le chrono n’est donc qu’un paramètre.

Sailing onboard maxi trimaran MACIF with skipper Francois Gabart, during training off Port la Foret, South Brittany, on October 8th, 2017 - Photo Vincent Curutchet / ALeA

© Vincent Curutchet / ALeA / MACIF

3 – Quelles sont ses chances d’effacer ce record ?

De l’aveu de François Gabart lui-même, ses chances sont minces : « On peut presque même dire que c’est peu probable, sans être défaitiste, juste réaliste ». Le défi : parcourir la planète à une vitesse supérieure à 24 nœuds, soit 44,6 km/h tout en limitant le nombre de milles parcourus.

4. C’est quoi un stand-by ?

Un stand-by est une période pendant laquelle un coureur de records attend, à terre, la bonne fenêtre météo. Un bon système météo crée les conditions pour une descente optimale jusqu’à l’hémisphère sud. Les outils offrent une visibilité sur 7 à 10 jours.

5. Il est comment le trimaran MACIF ?

Aerial images of Francois Gabart onboard Ultim MACIF, training before the Round the Word Solo Handed Record, off Belle Ile, on October 16th, 2017 - Photo Jean-Marie LIOT / ALEA / MACIF

© Jean-Marie Liot / ALeA / MACIF

Fermez les yeux, imaginez un goéland en train de voler au ras de l’eau, le ventre et le bout des ailes caressant à peine la surface. Gardez les yeux fermés et imaginez François Gabart assis sur l’animal, avec des lunettes en cuir d’aviateur et l’écharpe au vent… Vous y êtes presque. Le skipper charentais va s’élancer sur le trimaran MACIF équipé de foils, des appendices de carbone qui permettent de soulever légèrement le bateau et de gagner en vitesse. Sa plus belle vitesse de pointe ? 45,12 nœuds, soit 83,5 km/h. C’est à peine inférieur à la vitesse autorisée sur les routes nationales. Mais c’est beaucoup lorsqu’on s’imagine assis sur le toit de sa voiture, non ?

Le trimaran MACIF mesure 30m de long (98,5 pieds) sur 21 de large. C’est aussi grand que le court central de Roland-Garros, d’un mur publicitaire à l’autre, et aussi large, géraniums compris. Il pèse 14,5 tonnes, soit deux éléphants d’Asie bien portants. Du ras de l’eau à la pointe du mât, il y a 35 mètres, l’équivalent d’un immeuble de 6 étages. Sa surface de voiles au près est de 430m2, l’équivalent d’un terrain de basket. Au portant, c’est 650 m2… Soit la surface du trimaran, plus 20m2…

6. La nourriture à bord et l’avitaillement

Derniers preparatifs pour l equipe du Trimaran Macif avant la tentative de Record autour du Monde en Solitaire - Skipper : Francois Gabart - Port la Foret le 20/10/2017

© Alexis Courcoux / Sojasun

 

  • Côté nourriture : 8 sacs de six jours, plus un sac pour 10 jours – pour le cas où l’aventure durerait plus longtemps qu’attendu. Soit 143 kilos, dont 14 briques de boissons Sojasun Calcium et Chocolat, 7 briques de Sojasun cuisine et 2 repas composés de steaks de soja par semaine.
  • Côté bricolage : deux grandes caisses (19 kg au total), du matériel de spare (pièces de rechange).
  • Côté sécurité : une très grosse trousse à pharmacie (dont de quoi se recoudre, faire une attelle, une perfusion,), ainsi qu’une combinaison de survie…

7 – C’est quoi, naviguer autour du monde ?

C’est une vie de forçat volontaire pendant 49 jours au moins. François Gabart s’attend à dormir trois heures par tranches de 24 heures maximum, et par petits bouts. Il vivra dans un espace de 5 m2. De là, il réalisera la quasi-totalité des manœuvres possibles. Il ne quittera sa cabane que pour contrôler ou réparer le bateau, et changer les voiles d’avant. C’est aussi collaborer étroitement avec une cellule de routage, qui l’aide à gérer au mieux les transitions entre les systèmes météo qu’il rencontrera autour du monde.

8. Les conditions à bord

Sailing onboard maxi trimaran MACIF with skipper Francois Gabart, during training off Port la Foret, South Brittany, on October 8th, 2017 - Photo Vincent Curutchet / ALeA

© Vincent Curutchet / ALeA / MACIF

Pas de douche, mais des lingettes ; pas de toilettes dignes de ce nom, peu de vêtements de rechange, l’essentiel étant de rester au sec, et pas de frigo pour conserver ses aliments, la vie de spartiate est aussi dans l’assiette ! Néanmoins, notre ambassadeur avoue laisser une place de choix à la qualité de son alimentation. A terre, comme en mer, François n’a de cesse d’allier plaisir et équilibre alimentaire au service de sa performance, privilégiant les plats préparés longue conservation plutôt que le lyophilisé : Un programme nutritionnel savamment élaboré par Isabelle Magois sa responsable d’avitaillement et Sojasun.

9. Les skippers sont de vrais athlètes

Entre préparation physique intense, et préparation mentale, et nutritionnelle… Les marins sont désormais de purs sportifs de haut niveau… confrontés aux spécificités de la course au large : leur effort est sans doute le plus long du monde, et leur privation de sommeil également. Récupérer des efforts en dormant si peu est tout un art !
François Gabart, lui, fait au moins deux heures de sport chaque jour, dans le but toujours d’améliorer ses performances, mais aussi surtout par plaisir ! Kayak, vélo, paddle, course à pieds, nage… le skipper du trimaran MACIF aime varier les plaisirs. Passionné de sport « outdoor », le sport lui permet de s’entraîner à gérer l’imprévu et les éléments naturels.

FG : « J’ai envie de pouvoir encore naviguer, courir, randonner, surfer, voler… dans 40 ans » Retrouvez l’interview de François dans l’article François Gabart : Le sport, un plaisir !

10. Qui fait le tour du monde à la voile en ce moment ?

  • Le maxi-trimaran Spindrift va tenter de s’approprier le Trophée Jules-Verne, le record du tour du monde en équipage, détenu depuis janvier 2017 par Idec. (En stand-by depuis le 6 novembre)
  • Sur le maxi-trimaran Actual, Yves le Blevec affrontera le très difficile record du tour du monde à l’envers contre vents et courants, en solitaire et sans escale. (En stand-by depuis le 15 octobre)
  • Enfin, la Volvo Ocean Race a débuté en octobre sa traversée de la planète, sur monocoque, en équipage et avec escales.

 

Toute l’équipe des Athlètes du Bien-être te souhaite bon vent François !

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Sailing onboard maxi trimaran MACIF with skipper Francois Gabart, during training off Port la Foret, South Brittany, on October 8th, 2017 - Photo Vincent Curutchet / ALeA

© Vincent Curutchet / ALeA / MACIF

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